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Le conseil du vétérinaire

• Les chirurgies des corps étrangers digestifs sont des procédures qui ont pour but d’enlever des objets (plastiques, boules de poils, boules de coton,…) qui bloquent le transit intestinal ou qui restent dans l’estomac. Elles s’appellent gastrotomie lorsqu’il s’agit d’une chirurgie de l’estomac, entérotomie pour les intestins et plus rarement d’une endoscopie pour l’œsophage.
• Le diagnostic des corps étrangers se fait généralement lors de l’examen clinique et grâce à un examen complémentaire d’imagerie (radiographie ou échographie).
• Cette chirurgie fait partie des procédures d’urgence pour lesquelles il est important d’opérer avant que l’œsophage, l’estomac ou l’intestin ne soient endommagés.

Définition

Les animaux explorent leur environnement avec leur odorat et leur goût, et il n’est pas rare de les voir lécher ou manger des objets qui ne sont pas comestibles, comme par exemple des cailloux, des jouets, des habits, des bouts de plastique ou encore de la mousse. Les petits objets transitent facilement et sont éliminés avec les selles, mais les plus gros peuvent causer des obstructions au niveau de l’œsophage ou des intestins, ou bien créer des inflammations et des ulcères en restant dans l’estomac. Il faut donc les extraire et ceci en urgence dans les cas où l’objet risque de perforer l’organe ou bloque complètement le transit.


Objets impliqués

Les furets sont des animaux de compagnie qui sont par excellence sujets aux corps étrangers. Ils ont tendance à manger tout ce qu’ils peuvent. Par ordre décroissant, les chiens puis les chats sont également sujets à cette pathologie.

Les furets mangent de tout. Parmi les objets les plus fréquemment retrouvés, on peut avoir les noyaux de cerise ou d’abricot, les objets en plastique mou comme les gommes ou les tétines, les os, les morceaux de plastique dur qu’ils déchiquètent ou encore les tissus. On retrouve chez le chien également le même type d’objet, avec des tailles variables selon l’individu. On a pu ainsi voir des dizaines de paires de chaussettes dans l’estomac d’un chien ou des balles de tennis entières dans les intestins. Le chat, quant à lui, est plus attiré par les objets filiformes, comme les lacets, les fils de plastique ou les tissus. Bien que la majeure partie des boules de poils soient régurgitées ou évacuées avec le transit, certaines peuvent rester bloquées au niveau intestinal.


Symptômes

Les symptômes dépendent de la localisation de l’objet :
  • Œsophage : Vomissements, régurgitation, salivation et tentative de déglutition.
  • Estomac : Vomissements, apathie, douleur abdominale, perte d’appétit et de poids et diarrhée.
  • Intestins : Vomissements, apathie, douleur abdominale, perte d’appétit et de poids, diarrhée puis arrêt du transit.

Diagnostic

Lors de l’examen clinique, le vétérinaire peut sentir l’objet par palpation de l’abdomen. Il aura alors recours à un examen complémentaire d’imagerie pour confirmer son diagnostic.
Certains objets comme les os, les métaux ou les plastiques durs sont facilement visibles à la radiographie, alors que les tissus, les plastiques mous et les objets filiformes sont visualisés grâce à l’utilisation du transit baryté qui agira comme contraste pour la radiographie. L’échographie peut également servir pour mettre en évidence les arrêts du transit ou les pincements et torsions intestinales dus à des corps étrangers filiformes.

Chirurgie

Lors de la chirurgie, le vétérinaire ouvrira l’organe (estomac ou intestin) afin de retirer le corps étranger. Si des lésions digestives sont apparues et qu’une partie de l’organe touché est trop endommagée, il faudra alors retirer la zone concernée. Cette procédure s’appelle alors une gastrectomie s’il s’agit de l’estomac et une entérectomie dans le cas des intestins. Dans le cas particulier d’un corps étranger œsophagien, on effectuera de préférence une endoscopie : il s’agit d’une petite caméra placée au bout d’un câble flexible et par lequel on peut faire passer une fine pince. La caméra aide à visualiser le corps étranger qui est ensuite retiré avec la pince. Cette technique est non-invasive et évite de devoir ouvrir l’œsophage. Si toutefois l’objet est trop volumineux ou impossible à retirer, la chirurgie (œsophagostomie) est
obligatoire. Toutes les procédures nécessitent une anesthésie générale.

Conséquences et pronostic

En anesthésie et en chirurgie, le risque zéro n’existe pas, c’est pourquoi il est nécessaire d’effectuer un bilan sanguin et/ou échographique avant la procédure, selon les recommandations du vétérinaire. Pour les animaux en état de choc ou dont l’état général est précaire, il est préférable, si possible, de les
stabiliser avant l’opération. Les chirurgies de l’appareil digestif demandent une grande précaution au
niveau de l’asepsie (absence de germe) et requièrent généralement un traitement antibiotique préventif pendant et après l’intervention.
Les obstructions digestives pouvant être fatales si elles ne sont pas prises en charge rapidement, il est donc nécessaire d’établir rapidement un diagnostic et de les traiter au plus vite.
Le temps de convalescence dépend ainsi du délai entre le début de la pathologie et le moment de la chirurgie (plus on attend avant d’opérer, plus il y a de risque de complication et plus le temps de convalescence est long), de l’âge et de l’état de santé de l’animal, et enfin de la localisation du corps étranger. Eneffet, l’œsophage cicatrise difficilement sur la dernière portion et les corps étrangers dans cette région là sont d’un pronostic beaucoup plus sombre.
Afin de prévenir toute ingestion d’objet non désiré, l’unique solution est malheureusement d’enlever de la portée de l’animal tout ce qui pourrait être ingéré, en particulier chez les furets et les chiens qui font du « pica » (ingestion de tout ce qui est à la portée de l’animal)