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Le conseil du vétérinaire

• La malpropreté fait référence aux périodes durant lesquelles votre animal urine ou défèque en dehors de son endroit habituel.
• Même si des problèmes comportementaux peuvent être à l'origine de ces troubles, il est important de rechercher en premier lieu un possible problème médical, auquel cas un traitement approprié sera apporté par votre vétérinaire.
• Les troubles comportementaux peuvent être résolus grâce à des changements dans la gestion de l’animal, un enrichissement de l’environnement, une réduction du stress et, parfois, un traitement contre l’anxiété. Les punitions ne doivent jamais faire partie du plan d'action.

Qu’est-ce que la malpropreté ?

Lorsqu’on parle de malpropreté, on pense souvent à un chat ou un chien urinant pour marquer son territoire. Cependant on oublie souvent que ce problème peut également être rencontré chez les femelles et qu’il n’implique pas forcément les urines (la défécation hors de la caisse peut également en faire partie).

Même s’il est évident que ces comportements sont indésirables, cela ne signifie pas que votre animal a un « problème ». Dans certains cas, il a des difficultés à comprendre où il doit faire ses besoins ou bien les fait pour communiquer avec les autres animaux ou les membres de la famille. Par exemple, un chat peut uriner pour signaler aux autres chats qui passent qu’ils sont sur son territoire. Cela s’effectue souvent près des portes ou des fenêtres par petits jets d’urine. Même s’il s’agit d’un comportement normal chez le chat, la plupart des propriétaires ne l’acceptent pas à l’intérieur de leur habitation. Les chiens peuvent également uriner lorsqu’ils se sentent nerveux ou en danger. Dans ce cas, le fait d’uriner signifie qu’il n’est pas une menace et qu’il se soumet à la personne (ou à un autre animal).

Dans certains cas, la malpropreté indique un trouble émotionnel ou comportemental : les hormones, le stress ou l’anxiété peuvent en être la cause. Malgré une croyance commune, les animaux de compagnie n’affichent pas un air « méprisant » lorsqu’ils font leurs besoins de façon inappropriée. Le moindre changement dans la maison (un enfant en plus, un autre animal, des ouvriers dans la maison, les vacances du propriétaire…) peut être cause du stress ou de confusion des animaux et peut engendrer ce genre de comportements inhabituels.

Dans une grande partie des cas, la malpropreté n’a pas de cause comportementale. Il est donc important de consulter votre vétérinaire dès que possible pour vérifier si ce trouble est dû à un problème médical.


Quelles affections médicales peuvent causer de la malpropreté?

Plusieurs origines médicales existent pour la malpropreté :

  • Diabète et maladies rénales : Ces deux maladies causent, chez le chien et le chat, une augmentation de la prise de boisson et des urines de l’animal. Celles-ci peuvent engendrer une incontinence urinaire.
  • Hyperthyroïdie chez le chat, maladie de Cushing chez le chien : Ces deux maladies provoquent une augmentation de la prise de boisson et des urines de l’animal. Celui-ci peut alors avoir des accidents urinaires dans la maison.
  • Infection urinaire, calculs rénaux, maladie de la prostate (chez le chien) et cancer de la vessie : Ces maladies peuvent être à l’origine des accidents urinaires de votre animal.
  • La diarrhée qui peut être à l’origine d’incontinence fécale.
  • Le syndrome de dysfonction cognitif : Cette dégénérescence cérébrale est un type de sénilité qui peut apparaître chez le chien et le chat vieillissants. Certains animaux atteints de ce syndrome oublient leurs habitudes et peuvent être victimes d’incontinence urinaire et fécale.
  • Les crises convulsives : les animaux peuvent uriner et déféquer lorsqu’ils sont victimes d’une crise convulsive. Si vous n’avez pas été témoin de la crise de votre animal, il se peut que vous ne vous doutiez pas de l’origine de cet accident, d’où l’importance de consulter un vétérinaire.
  • L’incontinence : Les animaux qui ont perdu leur capacité à contrôler l’élimination de leurs urines et/ou excréments (cela est souvent lié à l’âge ou à une lésion au niveau de la colonne vertébrale) font leurs besoins sans avoir le temps d’aller dans leur caisse. Ils peuvent même avoir ces accidents durant leur sommeil.
  • L’arthrose ou les douleurs articulaires : Un chat souffrant d’arthrose peut se retrouver dans l’incapacité de sauter dans sa caisse, il fera alors ses besoins en dehors de celle-ci.
  • La constipation (chez le chat) : un chat qui associe la douleur avec la défécation peut développer un dégoût de la caisse. Il préférera alors faire ses besoins ailleurs.

Quels problèmes comportementaux peuvent être la cause de malpropreté ?

Même si beaucoup d’origines médicales peuvent être à l’origine de ces troubles, il est également possible que ceux-ci soient dus à un problème comportemental :

  • Le dégoût de la caisse pour les chats : un chat peut présenter un tel trouble car sa caisse n’est pas assez propre ou que l’endroit où se trouve celle-ci n’est pas approprié. Il peut également ne pas aimer le type de litière utilisée ou ne pas apprécier de partager sa caisse avec un autre animal.
  • Les urines de soumission : un chien peut uriner quand il se sent en danger. C’est un moyen de prouver sa soumission à l’autre.
  • Marquer son territoire ou sa supériorité.
  • Le stress et l’anxiété, dont l’angoisse de la séparation.
  • Un apprentissage incomplet de la propreté.

Comment se fait le diagnostic ?

Les remarques des propriétaires et l’historique médical sont très importants pour établir un diagnostic. Par exemple, si un chat marque son territoire, il est probable qu’il urine dans une position très droite avec la queue tendue. Il urinera alors surtout les murs et les autres surfaces verticales. Il marquera plus rarement les surfaces horizontales comme les lits ou le linge à laver. En cela il diffère d’un chat qui a un problème médical qui s’accroupira et urinera généralement sur des surfaces horizontales.

D’autres informations sur le passé de votre animal sont importantes : depuis combien de temps votre animal présente-t-il ce problème ? A quelle fréquence cela se produit-il ? Y a-t-il d’autres symptômes  (vomissements, perte d’appétit…) ? Y a-t-il eu des changements au niveau de l’environnement de l’animal et de sa routine ?

Votre vétérinaire effectuera un examen clinique et vous conseillera les examens suivants pour pouvoir définir son diagnostic :

  • Analyse d’urine ;
  • Analyse des selles ;
  • Examens sanguins: ces tests permettront entre autres de mettre en évidence les diabètes, et les maladies rénales ;
  • Radiographie : pour vérifier les calculs rénaux et d’autres anomalies.

Selon les résultats d’analyses, votre vétérinaire vous recommandera des tests complémentaires plus spécifiques pour vérifier par exemple la maladie de Cushing chez le chien ou l’hyperthyroïdie chez les chats.

Une fois les causes médicales éliminées, il faudra se concentrer sur un diagnostic comportemental. Dans ce cas, il est possible qu’une consultation avec un vétérinaire comportementaliste ou un dresseur professionnel vous soit recommandée.


Quel est le traitement ?

Si le problème est d’origine médicale, un traitement approprié à la maladie en question doit être mis en place.

En ce qui concerne les problèmes comportementaux, plusieurs approches sont possibles pour traiter votre animal. Cependant, les punitions ne doivent jamais faire partie de votre méthode de traitement.

Si un animal marque son territoire et qu’il n’est pas encore castré ou opéré, il est souhaitable d’effectuer cette procédure qui règle généralement le problème. Il est également bénéfique d’utiliser des produits pour éliminer les odeurs afin de faire en sorte que votre animal ne sente pas les surfaces marquées par d’autres. De même, éloigner votre animal des surfaces marquées peut aider.

Réduire le stress de l’environnement immédiat de votre animal aide également à diminuer ces troubles. Des produits contenant des phéromones synthétiques sont disponibles chez votre vétérinaire sous forme de spray ou de diffuseurs électriques. Ces produits apaisent la plupart des animaux.

Pour décourager les chats du voisinage d’approcher de vos portes et de vos fenêtres, utilisez un spray dissuasif qui se met en marche grâce à un détecteur de mouvements. De plus, il est important de fournir à votre animal (pour les chats en particulier) un endroit (une pièce, un arbre à chat…) où il peut échapper aux enfants ou aux autres animaux. Si cela n’est pas efficace, demandez à votre vétérinaire si un traitement contre l’anxiété serait approprié au cas de votre animal.

Pour les chiens qui urinent afin de montrer leur soumission, des exercices de renforcement positif et des techniques de modification comportementale doivent être mis en place (par exemple, interagir avec votre chien d’une façon moins menaçante pour lui). Beaucoup de chiots avec ce trouble arrivent à le dépasser sans avoir besoin de traitements.

Face à cette difficulté, certains propriétaires renoncent et se séparent de leur compagnon. De même, certains chats finissent pas quitter le foyer. Ce n’est donc pas un petit problème ! Il est important que vous ameniez votre animal chez le vétérinaire avant de perdre patience ou que la pathologie sous-jacente ne devienne irréversible.