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Le conseil du vétérinaire

• L’atopie est une maladie d’origine génétique qui touche essentiellement la peau des chiens et, dans une moindre mesure, des chats.
• L’atopie se déclare généralement dans les 3 premières années de vie, mais peut, dans certains cas, affecter également des animaux plus âgés.
• Selon la cause, les signes cliniques peuvent apparaître de manière saisonnière ou tout au long de l’année.
• Le traitement se fait uniquement par une suppression de la cause ou par une désensibilisation, mais il convient de gérer également les symptômes par traitement médical.

 Qu’est-ce que l’atopie ?

L’atopie, appelée également « dermatite atopique », est une maladie chronique d’origine génétique. Elle est caractérisée par une prédisposition à développer des allergies vis-à-vis d’éléments présents dans l’environnement, nommés « allergènes ». Ces derniers peuvent être inhalés, avalés ou encore simplement en contact avec la peau, et sont la cause de réactions allergiques sur l’ensemble du corps.

Chez le chien (et, dans une moindre mesure, chez le chat), les symptômes sont essentiellement dermatologiques et se traduisent par des démangeaisons intenses sur les pattes qui se transforment en pododermatites (inflammation des doigts), des irritations et des infections du reste du corps ainsi que des otites répétées.

L’atopie se déclare généralement chez les jeunes de moins de 3 ans. Cette maladie ayant une origine génétique certaine, l’animal restera atopique tout au long de sa vie, même si les traitements pourront diminuer fortement les symptômes, voire les faire disparaître.

On connaît aujourd’hui un grand nombre d’allergènes et de natures très différentes susceptibles de causer une dermatite atopique chez nos animaux de compagnie (pollens, graminées, protéines d’origine animale –poulet, bœuf,…-, protéines d’insectes, acariens microscopiques, moisissures ou encore poussières). Dès lors que l’animal développe une réaction allergique, celle-ci restera. Son état général pourra se dégrader tant que l’allergène ne sera pas retiré de son environnement.


Quels sont les signes d’atopie ?

Bien que l’atopie intéresse l’animal dans son ensemble, les signes cliniques touchent principalement la peau. Les régions affectées les plus communes sont la face, les pattes, les oreilles et les aisselles. Les démangeaisons souvent fortes et persistantes provoquent des lésions secondaires (inflammations et infections de la peau) dues aux léchagex, aux morsures et aux grattages.

Ainsi, parmi les signes communs d’atopie nous pouvons avoir :

  • Prurit généralisé
  • Rougeurs et irritation de la peau
  • Perte de poils due au léchage, toilettage ou mordillement continu.
  • Urticaire, infection et irritation cutanée
  • Croûtes et saignements cutanés
  • Odeur forte de l’animal
  • Epaississement et changement de couleur de la peau
  • Otite

 

L’intensité des symptômes et leur nombre varient d’un animal à l’autre.


Comment se fait le diagnostic?

Le diagnostic de l’atopie peut se révéler compliqué, en partie à cause de la ressemblance ceux d’autres maladies dermatologiques. C’est pourquoi il est important de connaître l’historique médical de l’animal (afin de réussir à déterminer l’apparition des premiers signes cliniques ou encore de savoir si le problème est saisonnier ou continu), son régime alimentaire, les produits d’entretien utilisés à la maison, l’environnement dans lequel il vit, et plus généralement tout ce qui pourrait interagir avec lui.

Ce n’est qu’à ce moment-là que votre vétérinaire pourra suspecter et tenter de diagnostiquer une atopie.


Que sont les tests allergologiques et l’immunothérapie ?

Les tests allergologiques permettent d’aider à identifier des allergènes spécifiques responsables de l’atopie. Deux types de test existent :

 

  • Tests cutanés (intradermoréactions) :

Ces tests peuvent dans certains cas être effectués directement chez votre vétérinaire traitant. Ils sont réalisés sur la peau de l’animal après en avoir soigneusement tondu une petite partie. Plusieurs injections contenant une quantité infime d’allergène sont effectuées juste sous la peau (injection intradermique). Votre vétérinaire examinera 10 à 20min plus tard les points d’injection afin de mesurer le degré de réponse allergique locale (érythème).

Les allergènes auxquels votre chien est allergique provoqueront une réaction plus ou moins intense selon l’importance de l’allergie.

Bien évidemment, ces tests se font sous contrôle constant de votre vétérinaire au cas où la réaction allergique soit trop importante et qu’un traitement rapide soit nécessaire.

Ce test permet d’obtenir des résultats rapides et fiables.

 

  • Tests in vitro avec prise de sang :

Ce test s’effectue sur le sérum et permet de doser certaines molécules responsables de la réaction allergique (Immunoglobulines E). Il est effectué en laboratoire à partir d’un échantillon de sang de votre animal prélevé par votre vétérinaire.

Selon les allergènes testés et si l’animal est déjà sous traitement, une interruption provisoire des médications peut être nécessaire.

Ce test permet de tester un nombre plus important d’allergènes bien que tous ne soient pas fiables. Les dosages d’immunoglobuline vis-à-vis d’allergène alimentaire ou bactérien en particulier n’ont aucune valeur diagnostique.

Afin d’obtenir des résultats les plus pertinents possibles, il est donc  conseillé d’effectuer les deux tests.


Quels sont les traitements ?

Les tests allergologiques, associés à l’examen clinique de l’animal, permettent d’identifier une certaine quantité d’allergènes auquel l’animal est sensible. En effet, sur un chien (et plus rarement un chat) atopique, il n’est pas rare que plusieurs allergènes soient responsables de la maladie. Il convient donc de mettre en place un traitement, qui se base sur différentes approches concomitantes :

L’immunothérapie, ou désensibilisation :

Ce traitement vise à rétablir une tolérance vis-à-vis de l’allergène et s’effectue en injectant de petites quantités d’allergènes à intervalles de temps réguliers. Il se fait sur plusieurs mois à plusieurs années.

Aujourd’hui l’efficacité de ce traitement a été prouvée, mais ne permet pas de « guérir » complètement l’animal dans tous les cas. Les effets peuvent mettre de 2 à 6mois à être visibles et on assiste plus fréquemment à une diminution des signes cliniques.

Il doit dans tous les cas être associé aux autres traitements afin d’obtenir de meilleurs les résultats.

La suppression de l’allergène de l’environnement.

Théoriquement, enlever l’allergène de l’environnement de votre compagnon devrait suffire à éliminer l’allergie. Malheureusement, ceci n’est pas toujours possible ou pratique, comme par exemple avec les graminées (herbe) ou les pollens.

Toutefois vous pouvez réduire la charge d’allergène présente dans l’environnement de l’animal en adoptant des gestes simples:

  • Lors d’allergie aux acariens ou à la poussière, aspirez et nettoyez régulièrement le domicile, en particulier les endroits où dort votre compagnon.
  • Pensez aux filtres à air pour éliminer la poussière, les pollens et certains allergènes présents dans l’air.
  • Traitez votre animal tous les mois contre les puces. Même s’il n’y est pas allergique, c’est un facteur important dans le déclenchement des démangeaisons, qui aggrave l’état général de l’animal.
  • Adapter l’alimentation de l’animal en éliminant les composants potentiellement allergènes (comme par exemple les protéines d’origine bovine ou aviaire).

La gestion des symptômes.

Les animaux atteints de dermatite atopique peuvent souffrir de démangeaisons importantes et incessantes. La désensibilisation ou l’élimination de l’allergène de l’environnement peut prendre du temps à se mettre en place, et par conséquent la gestion des symptômes soulage l’animal au quotidien. Votre vétérinaire pourra ainsi prescrire à votre chien ou votre chat l’un des traitements suivants :

  • Corticoïdes : Ils sont très efficaces et soulagent rapidement l’animal. Ils ne peuvent cependant pas être utilisés à long terme à cause de leurs effets secondaires (prise de poids, augmentation de la prise de boisson et des urines, amincissement de la peau et sensibilité aux infections). Ils sont utilisés en injection ou en traitement par voie orale sur quelques jours à quelques semaines maximum.
  • Immuno-modulateurs : Ils agissent directement sur le système immunitaire en empêchant les réactions allergiques. Ils sont mieux tolérés que les corticoïdes à long terme mais tous les chiens ne répondent pas au traitement. Ils présentent l’inconvénient pour certains médicaments d’être également coûteux.
  • Acides gras essentiels : Une complémentation dans l’alimentation en acides gras essentiels peut aider à lutter contre l’inflammation de la peau, mais doit être utilisée en association avec les autres traitements.
  • Traitements topiques : L’utilisation de shampoings ou huiles aux propriétés antiseptiques, anti-émollientes, et éventuellement anti-inflammatoires aident à renforcer la barrière cutanée mais ne peut être utilisée comme seul traitement. Ces applications doivent être régulières et fréquentes pour être efficaces. L’emploi de shampoings à destination humaine est à proscrire.