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Le conseil du vétérinaire

• Les valvules cardiaques sont des membranes qui contrôlent le mouvement du sang au niveau du cœur. Les pathologies valvulaires se développent lorsque ces valvules ne fonctionnent plus correctement.
• Lors de suspicion de maladie valvulaire, votre vétérinaire recommandera un examen cardiaque complet.
• La plupart des pathologies valvulaires sont traitées médicalement, mais il arrive dans les cas les plus avancés que l’affection soit fatale pour l’animal.

Qu’est-ce qu’un pathologie valvulaire cardiaque ?

Chez les mammifères, le cœur est divisé en 4 chambres : 2 oreillettes qui récupèrent le sang des veines principales, et 2 ventricules, dont les parois sont très épaisses et forment un muscle puissant, qui envoient le sang dans les poumons et dans le reste du corps. Le cœur comprend également 4 valvules dont l’ouverture permet le passage du sang d’un compartiment à l’autre, et la fermeture qui l’empêche de revenir en arrière. Ces valvules sont situées à l’entrée et à la sortie des ventricules, qui sont les deux chambres qui permettent au sang de circuler correctement.

Lorsqu’une pathologie valvulaire, cardiaque (appelée aussi « valvulopathie ») est présente, cela signifie qu’une ou plusieurs des valvules ne sont plus en mesure de contrôler le flux sanguin de manière adéquate. Cela peut se traduire par des turbulences au niveau cardiaque, du sang qui reflue dans les compartiments précédents ou qui passe sans contrôle dans la chambre suivante. Le cœur lui-même doit forcer davantage pour maintenir une irrigation suffisante des organes.

Par la suite, d’ultérieures modifications du cœur peuvent compliquer la pathologie et provoquer une insuffisance cardiaque. Les pathologies valvulaires cardiaques sont une des causes les plus communes d’insuffisance cardiaque.


Quels sont les symptômes ?

La pathologie, si elle est modérée, peut rester silencieuse. Toutefois, dans les cas les plus avancés, les symptômes peuvent inclure :

  • De la toux ;
  • Une intolérance à l’exercice ;
  • De la fatigue ;
  • Des difficultés respiratoires ;
  • Des épisodes de syncope.

Comment se fait le diagnostic ?

Le vétérinaire posera le diagnostic de valvulopathie cardiaque après avoir effectué l’examen cardiaque. Pour cela l’examen clinique fait lors de toute consultation lui permettra d’avoir une suspicion. L’auscultation en particulier permet d’entendre les battements cardiaques et leurs irrégularités, les souffles cardiaques ainsi que les anomalies pulmonaires. La coloration des muqueuses pourra également être un indice de pathologie cardiaque avancée. Il conseillera ensuite un ou plusieurs des examens suivants :

  • Examens sanguins : les résultats donnent des informations sur les possibles parasites cardiaques, sur le profil biochimique et les éventuelles maladies métaboliques ou sanguines.
  • Electrocardiogramme (ECG) : Il permet de mettre en évidence les troubles de rythme, de fréquence ou d’amplitude cardiaque. En effet, il détecte le signal électrique nerveux associé au battement du cœur.
  • Radiographie thoracique : Elle montre la taille, la forme et la position du cœur. Lors de pathologie cardiaque, celui-ci peut augmenter de taille et changer de position. De la même manière, lors d’insuffisance cardiaque, du liquide peut s’accumuler dans les poumons, et ainsi être visible à la radiographie.
  • Mesure de la pression sanguine 
  • Echocardiographie : Il s’agit d’un examen essentiel dans le diagnostic des valvulopathies: elle permet de visualiser et de mesurer directement ces membranes et d’observer leur fonctionnalité. Elle permet également d’avoir une vue de l’ensemble des cavités et des parois du cœur.

Quel est le traitement ?

Le traitement dépend principalement de l’urgence et de la gravité de la maladie. Il se divise en 2 catégories qui sont la gestion de l’urgence et le traitement de la maladie.

Si l’animal présenté en consultation souffre d’une insuffisance cardiaque aiguë, il est pris en charge et hospitalisé. Même si les premiers examens peuvent être faits pour orienter le diagnostic, il est tout d’abord important de le stabiliser. En effet, s’il présente des difficultés respiratoires conséquentes, la manipulation et le stress des examens pourraient compliquer le cadre clinique et lui être fatals.

La gestion de l’urgence consiste à faciliter la fonction respiratoire en apportant de l’oxygène, soutenir le cœur en donnant un traitement médical et éliminer les fluides présents dans les poumons ou l’abdomen.

Une fois l’animal stabilisé, les examens effectués et le diagnostic de pathologie valvulaire cardiaque posé, un traitement médical pourra être mis en place pour soulager le travail du cœur, augmenter ses performances, contrôler  les troubles du rythme et aider le corps à éliminer les fluides en excès.

Dans le cas particulier des valvulopathies, il semblerait qu’un régime spécial pauvre en sodium soit bénéfique pour l’animal.

Les animaux souffrant de pathologies valvulaires cardiaques doivent être revus régulièrement par le vétérinaire afin d’évaluer la progression de la pathologie et d’adapter le traitement.

Un traitement chirurgical expérimental a été développé chez les animaux de compagnie pour remplacer les valvules endommagées, mais il faudra encore plusieurs années avant de pouvoir le proposer comme traitement pour le chien et le chat.